chrisb11
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Sat 12 Jul - 22:06 |
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Un autre portrait écrit en 2005 à la demande d'un certain "That's Amaré" de l'ancien joueur de Phoenix
Un Mythe. Peut-être la plus grande légende issue des playgrounds New Yorkais. Connie Hawkins est né le 17 Juillet 1942 à Brooklyn. C’est là qu’il grandit avec une mère aveugle dans la pauvreté. Son échappatoire, c’est le bitume et il y s’y fait un nom. Et plus que ça même… En dehors des playgrounds, Hawkins remportera 2 titres consécutifs de champion de la ville de New York avec son équipe des Brooklyn Boys High School. Forcément, Hawkins est convoité par toute la NCAA et après une intense guerre de recrutement, il signera finalement une lettre d’intention en faveur d’Iowa. Le fait qu’il puisse difficilement lire et écrire ne posant pas le moindre problème… Ce qui posera problème par contre, c’est sa proximité avec Jack Molinas. Molinas est passé l’espace d’une saison aux Fort Wayne Pistons (1952-53) mais se vit bannir par la NBA après avoir admis son implication dans l’énorme scandale qui éclata sur la NCAA en 1951 à propos de paris et de matchs truqués. Ce même Molinas sera le personnage central, 10 ans plus tard, d’un autre gros scandale, là encore à propose de paris et de matchs truqués.
Tout joueur ayant eu une quelconque relation, même lointaine avec toute personne ayant été impliquée dans les histoires de paris se voit bannit par la NCAA. La NBA réagit également et, comme en 1951, bannit à vie les joueurs impliqués dans le scandale. Des joueurs promis à un bel avenir se voient interdire le monde professionnel sans jamais avoir été reconnus coupables de quoi que ce soit si ce n’est donc d’avoir eu des contacts avec des parieurs. Parmi eux : Doug Moe, Roger Brown…et Connie Hawkins. Hawkins a accepté un prêt de…200 $ de la part de Molinas, originaire lui aussi de Brooklyn. Hawkins a également présenté Molinas à d’autres talents issus des playgrounds. Cependant, les enquêtes ont finalement fait ressortir qu’Hawkins avait agit en toute innocence et n’était pas impliqué dans les paris. Molinas déclara ne pas s’attendre à revoir l’argent (finalement remboursé avant qu’Hawkins n’arrive à Iowa) et à considérer cela comme un investissement. Alors en prison, il dit également qu’il comptait utiliser Hawkins mais ne l’a jamais fait.
Hawkins se voit donc viré d’Iowa sans jamais avoir joué un seul match autre que ceux réservés aux freshmen, conformément au règlement de l’époque. Privé de NBA, il trouve refuge en ABL, une ligue lancée en 1961 par Abe Saperstein, le fondateur des Harlem Globetrotters. Là, il est au dessus du lot : top scoreur et MVP de la ligue avec les Pittsburgh Rens. L’ABL ferme ses portes au cours de sa seconde saison d’existence et Hawkins rejoint alors les Globetrotters avec qui il restera jusque’en 1967.
The Hawk ne s’éclate pas avec les Globetrotters. Ce qu’il veut c’est jouer en NBA. Il poursuit d’ailleurs la ligue en justice afin qu’elle lève l’interdiction pour lui d’y jouer. En 1967, Connie Hawkins est toujours à Pittsburgh. Il a 25 ans et joue dans les petites ligues du coin. Il n’a pas d’argent, vit dans une maison délabrée avec sa femme, ses enfants et le frère de sa femme atteint de déficience mentale. Bref, il est au plus bas. 1967, c’est le lancement d’une nouvelle ligue pro : l’ABA. Hawkins saute sur l’occasion et signe en faveur des Pittsburgh Pipers. Hawkins s’impose alors comme LA star de l’ABA : top scoreur (26.8 pts), MVP de la saison régulière et des playoffs. Les Pipers remportent le 1er trophée de champions ABA. Surtout, Hawkins domine. Pas tant statistiquement, mais il donne surtout l’impression d’être bien au dessus du lot. Très complet, il ne force rien, implique ses coéquipiers et prends les choses en main quand il le faut. Hawkins pratique un style de jeu comme on n’en avait jamais vu à l’époque. La façon de tenir la balle à une main comme le feront Julius Erving ou Michael Jordan, Hawkins en était le précurseur. En 1968/69, The Hawk et les Pipers s’installent à Minneapolis. L’année suivante, les Pipers déménagent à nouveau, direction… Pittsburgh. Cette fois, Hawkins ne suivra pas. Il ira s’installer du côté de Phoenix. En 1969, après une longue bataille juridique, la NBA autorise Hawkins à jouer en son sein. Les Suns viennent tout juste de terminer leur première saison et, après avoir gagné un pile ou face tenu secret avec les Sonics, obtiennent les droits sur la star de l’ABA. Hawkins s’impose tout de suite, terminant à 24.6 pts et en aidant les Suns à atteindre les playoffs, passant de 16 à 39 victoires. Sa saison sera récompensée par une sélection dans la NBA 1st team ainsi qu’une participation au All-Star Game. Il sera encore invité au match des étoiles les trois saisons suivantes. La saison 1969/70 sera probablement la meilleur de The Hawk en NBA. Après 2 saisons à 21 pts de moyenne, il connaît un net recul en 72/73 : 16.1 pts. Après un timide début de saison 73/74 (8 matchs à 11.3 pts), les Suns l’envoient aux Lakers où il terminera l’année (12.6 pts). La saison suivante, il ne joue que 43 matchs pour 8 pts de moyenne. En 1975/76, à 33 ans, Connie Hawkins achève sa carrière sous le maillot des Atlanta Hawks (8.2 pts). La NBA n’aura finalement jamais vu le vrais Connie Hawkins. Quand il a finalement pu jouer dans la ligue, il avait 27 ans, ses genoux commençaient à le trahir et à amorcer son déclin. On ne saura donc jamais ce qu’aurait pu donner un Connie Hawkins au sommet de son art face aux meilleurs. Beaucoup pensent qu’il aurait laissé une tout autre trace dans l’Histoire de la ligue. « Je suis persuadé que le Connie Hawkins qui a mené Pittsburgh à ce premier titre (ABA) pouvait jouer en NBA et être au même niveau que Magic Johnson, Larry Bird et Michael Jordan aujourd’hui. Le Connie Hawkins qui ira finalement en NBA approchait de la trentaine et avait eu des problèmes de genoux. Ce n’était pas le même gars » dira Mel Daniels (2d MVP de l’ABA) en 1990.
Après sa carrière, Hawkins aura du mal à rebondir jusqu’en 1992 où il rejoint l’organisation des Suns. 1992 sera également l’année de son introduction au Hall of Fame. Une consécration pour cette légende dont les plus grands exploits ont été racontés plus qu’ils n’ont été constatés. |
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