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chrisb11
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Joined: 11 Jul 2008
Posts: 460

PostPosted: Thu 24 Jul - 04:41 Reply with quoteBack to top

Beaucoup la connaisse, mais pour les autres, voilà la bio :


Lorsque la NBA fête son cinquantenaire en 1996-97, 50 joueurs se voient honorés en étant sélectionnés parmi les 50 plus grands de l’histoire de la ligue. Shaquille O’Neal, alors seulement dans sa 5ème saison est dans la liste. Quand il constate l’absence d’un joueur parmi ces 50, Shaq dira que celui-ci aurait du être honoré à sa place. Alex English est peut-être le grand oublié de la fête. Homme et joueur très discret, English est le top scoreur des années 80 (19682 points). Pourtant, lorsqu’on évoque les stars de cette époque, on pense à Michael Jordan, Larry Bird, Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar, Julius Erving, Isiah Thomas… Le nom d’Alex English vient rarement à l’esprit.
 

Alexander English voit le jour le 5 Janvier 1954 à Columbia en Caroline du Sud. C’est dans cet Etat que commence vraiment sa carrière basketteur. En 1968, il intègre Dreher High School ou il laissera plutôt de bons souvenirs : record de points, 3 fois sélectionné dans le meilleur 5 de l’Etat. Plus personne ne portera son n° 22.
En 1972, English choisit de rester près de chez lui et signe à l’université de South Carolina.
Sous les ordres de Frank McGuire, il marquera son passage en NCAA. Il en sort en 1976 avec les records de points de la fac (1972, soit 17.8 pts en moyenne) et de minutes jouées (4113). Il demeure à ce jour le seul joueur de South Carolina à avoir débuté tous les matchs (111) et l’un des 5 seuls à avoir compilé 1000 points et 1000 rebonds. Là encore, plus personne ne sera autorisé à porter le n° 22.
 

Entre temps, cet ailier de 2.02 m attire déjà l’attention. A l’époque, la NBA et l’ABA se livrent une guerre sans merci afin de signer les meilleurs talents. L’ABA signe même des joueurs n’ayant pas encore terminé leur cursus universitaire, les « hardship cases », parmi lesquels on retrouvera Julius Erving et Spencer Haywood. Les Indiana Pacers le choisissent donc au 7ème tour de la draft ABA dès 1974, mais Alex finira son cursus et débutera sa carrière pro en 1976 après avoir été sélectionné au 2d tour en 23ème position de la draft NBA par les Milwaukee Bucks.
En 1974-75 les Bucks terminent à 38-44 et ne sont pas qualifiés pour les playoffs malgré la présence de Kareem Abdul-Jabbar qui les avait mené au titre en 1971, 3 ans seulement après leur entrée en NBA. Ca sera la dernière saison du pivot à Milwaukee, direction Los Angeles. Sans lui, les Bucks rééditent leur record de 38 victoires. Suffisant pour se qualifier en playoffs cette saison là (sortis 2-1 au 1er tour).
La saison suivante (76-77), les Bucks démarrent avec un bilan de 3-15 et verront le seul coach qu’ils avaient connu jusqu’ici, Larry Costello, remplacé par Don Nelson. Milwaukee terminera à 30-52 et ne participera pas aux playoffs. Pour sa saison rookie, English doit se contenter de 60 matchs à 11 minutes en moyenne derrière Bob Dandridge (20.8 pts), Brian Winters (19.3 pts) et Junior Bridgeman (14.4 pts). Alex pointe à 5.2 pts (47.7%) et 2.8 rbds.
Lors de la draft, les Bucks ont le 1er et le 3ème choix. Ils sélectionnent un pivot, Kent Benson (1er) et un ailier : Marques Johnson. Celui-ci comblera le départ de Dandridge (parti gagner une bague à Washington). Autour de Johnson donc (19.5 pts) mais aussi toujours avec Winters (19.9 pts), Bridgeman (13.6 pts) et l’émergence de Dave Meyers (14.7 pts), Milwaukee gagne 14 matchs de plus en 1978 (44-3Cool et dispute les playoffs. Après un 1er tour remporté 2-0 contre Phoenix, les Bucks s’inclinent face à Denver 4-3 au second tour.
En saison régulière, English rentabilise au mieux un temps de jeu limité : 9.6 pts (54.2 %) et 4.6 rbds en 18 minutes (82 matchs). En playoffs, il joue un peu plus (23 min) et score 13.4 pts à 61.5% et prends 4.7 rbds.
 

En fin de saison, English est free agent et il semble clair que Milwaukee n’est pas l’endroit idéal s’il veut passer un cap. Le 8 Juin 1978, Alex English devient un Pacer. L’équipe reste sur une saison à 31-51 mais à Indiana Alex aura ce qu’il cherche : du temps de jeu. Durant la saison 78-79, English joue (33 minutes) et fini par s’imposer dans le 5 de départ (69 fois titulaire en 81 matchs). Les stats suivent : 16 pts (51.1%), 8.1 rbds (son record) et 3.3 assists. Indiana progresse (38-44) mais cela reste insuffisant pour se qualifier en playoffs.
La saison suivante, les Pacers font venir Mickey Johnson (19.1 pts). Au cours de la saison précédente, probablement nostalgiques du bon vieux temps de l’ABA, les Pacers avaient fait revenir Billy Knight. Avec la concurrence de ces 2 joueurs, English voit son temps de jeu se réduire (28 minutes) et surtout, il perd son statut de titulaire (15 fois en 54 matchs pour 14.9 pts et 7.0 rbds). Finalement, toujours aussi nostalgiques, les Pacers saisissent l’opportunité de rapatrier une légende de leur glorieuse époque ABA : George McGinnis. Ainsi, le 1er Février 1980, Alex English est envoyé à Denver où il rejoint 2 légendes des Nuggets : Dan Issel (23.8 pts en 80) et David Thompson (21.5 pts).
Sous le plus beau jersey de l’histoire, English va exploser. Donnie Walsh le titularise d’emblée et Alex en profite : 21.3 pts (48.6%), 9.4 rbds et 3.4 assists. Par contre, au niveau collectif, toujours pas de playoffs en vue avec un record à 30-52. Même chose lors de la saison suivante (1980-81). Entre David Thompson (25.5 pts), Dan Issel (21.9 pts), le rookie Kiki Vandeweghe (11.5 pts) et English (23.8 pts, 49.4%, 8 rbds, 3.6 passes), Denver peut scorer face à n’importe qui. Doug Moe succède à Donnie Walsh après un départ à 11-20 et met en place le « Run And Gun », style de jeu qui prend l’adversaire à la gorge et ne lui laisse aucun répit. Avec ce « style playground avec un peu se supervision » comme le décrit Moe lui-même, l’équipe reprend des couleurs (26-25) mais devra tout de même se passer des playoffs.
 

Avec le même casting, Denver continue sur sa lancée en 1981-82. English est sélectionné dans la All NBA Second Team grâce à ses 25.4 pts (55.1%), 6.8 rbds et 5.3 assists (record de carrière). Dan Issel est toujours là (22.9 pts) et Kiki confirme tout le bien entrevu lors de sa saison rookie (21.5 pts). Par contre, David Thompson, miné par des problèmes de drogue,  est en net retrait (14.9 pts). Lassés de ses problèmes extra sportifs, les Nuggets l’enverront à Seattle à la fin de la saison. Denver réalise une saison honorable avec 46 victoires pour 36 défaites, de quoi faire un petit tour en playoffs et se faire sortir 2-1 par Phoenix (19.3 pts à 47.3%, 7.7 rbds, 5.7 passes pour English).
 

En 1982-83, ce qui est peut être le plus beau trio offensif de l’histoire continue son bombardement en règle des adversaires. Denver a la meilleure attaque de la ligue avec 123.2 pts, loin devant les Lakers et leurs 115 pts. English termine en tête du classement des scoreurs de la ligue avec ses 28.4 pts (à 51.6% avec 7.3 rbds et 4.6 passes) devant… Vandeweghe et ses 26.7 pts. Issel se contente lui d’une moyenne de 21.6 pts. Au niveau des récompenses individuelles, en plus d’une seconde sélection dans la NBA 2d team, English gagne un voyage pour Los Angeles en Février afin d’y disputer le All Star Game. Il avait bien été sélectionné en 1982, mais n’avait pu participer à la fête. Pour sa 1ère apparition à l’évènement, il score 14 pts. Il participera à tous les All-Star game jusqu’en 1989. Collectivement, les Nuggets terminent la saison avec 45 victoires pour 35 défaites. En playoffs, ils prennent leur revanche sur les Suns (2-1) avant d’être éliminés par San Antonio (4-1).
 

Ca repart de plus belle la saison suivante (1983-84) : Denver est toujours aussi efficace en attaque (123.7 pts) avec toujours son trio Vandeweghe (29.4 pts) / English (26.4 pts à 52.9%, 5.7 rbds, 4.2 passes) / Issel (19.8 pts). Le 13 Décembre 1983, les Nuggets reçoivent les Detroit Pistons qui ne sont pas encore connus comme les « Bad Boys » pour ce qui reste à ce jour le match avec le plus grand nombre de points inscrits : 370. C’est Detroit qui l’emporte après 2 prolongations sur le score de 186 à 184. 4 joueurs scorent plus de 40 points : les Pistons John Long (41) et Isiah Thomas (47) et les Nuggets Vandeweghe (51) et English (47).
Un autre match restera dans les anales de Denver : une défaite contre les Blazers le 3 Novembre 1983. Ce soir là, Doug Moe pique une grosse colère dont il est coutumier. Le coach est tellement écoeuré du manque d’engagement en défense de ses troupes que, avec une minute à jouer et menés 146-116, il ordonne à ses joueurs de ne plus défendre du tout ! Du coup, Portland ajoute 5 layups sans aucune contestation pour clore le match. Cette « stratégie » coûtera 5000 $ et 2 matchs de suspension à Moe.
Cette saison, Denver passe sous la barre des 50% de victoires : 38-44 et se fait sortir 3-2 par les Utah Jazz malgré 29 pts (58.8 %), 8rbds et 5.6 passes d’English.
 

Issel a 36 ans, English en a 30. Les dirigeants de Denver réalisent que sans défense ni rebond, leurs prétentions seront toujours limitées. Les Nuggets réalisent alors un deal avec Portland afin de se renforcer : Calvin Natt, Lafayette Lever et Wayne Cooper arrivent dans le Colorado. Kiki fait le chemin inverse.
L’effet du trade se fait sentir. Denver n’est toujours pas un modèle de défense (avant dernier de la ligue avec 117.6 pts encaissés) et score toujours à profusion (meilleure attaque à 120 pts). Derrière English (27.9 pts, 51.8%, 5.7 rbds, 4.2 passes), la marque est plus équilibrée entre Natt (23.3), Lever (12.Cool, Issel (12.Cool, Cooper (12.1) et Mike Evans (10.1). Au classement, les Nuggets terminent 2d à l’Ouest avec 52 victoires pour 30 défaites derrière les Lakers. L’avantage du terrain permet à la franchise du Colorado d’écarter San Antonio au 1er tour (3-2) avant de prendre sa revanche sur les Jazz qui les ont éliminés la saison précédente (4-1). Les Nuggets affrontent donc L.A. en finale de conférence, mais les Lakers sont bien trop forts : 4-1 avec un score à 153-109 lors du dernier match pour les futurs Champions. Lors des playoffs 1985, English aura tourné à 30.2 pts (53.6%) 6.6 rbds et 4.5 assists en 14 matchs.
Le dernier match des playoffs 85 sera le dernier pour Dan Issel. Après 15 saisons de ABA / NBA et 27482 pts inscrits, « The Horse » tire sa révérence.
 

Mini évènement en 1985-86 : les Nuggets ne sont que la 4ème attaque de la ligue, à 114.8 pts de moyenne quand même. English voit sa moyenne de points passer à  29.8 (à 50.4 % plus 5 rbds et 4 assists), mais Dominique Wilkins a fait mieux à Atlanta (30.3) et remporte donc le titre de top scoreur. Sans Issel donc, mais toujours avec Natt (17.7 pts), Lever (13.Cool, Cooper (13.1) et les progrès de Bill Hanzlik (12.1), les Nuggets prennent la 3ème place de la conférence Ouest avec 47 victoires et 35 défaites. En playoffs, Denver élimine Portland au 1er tour 3-1 mais non sans difficultés (scores 133-126, 106-108 (victoire des Blazers), 115-104 et 116-112). La série qui oppose Denver à Houston au 2d tour est également serrée, mais cette fois, les hommes du Colorado doivent s’incliner face aux futurs finalistes et leurs Twin Towers, Akeem Olajuwon et Ralph Sampson, 4-2 (scores : 126-119 (Hou.), 119-101 (Hou.), 116-115 (Den.), 114-111 en ot (Den.), 131-103 (Hou.), 122-126 après 2 ot (Hou.))
Au niveau individuel, English affiche 27.3 pts (46.3%), 3.5 rbds et 5.2 assists sur ces playoffs.
 

Denver remporte 10 matchs de moins en 1986-87 : 37-45. Les Nuggets scorent encore et toujours (116.7 pts) mais le problème c’est que les adversaires se régalent aussi (117.6 pts encaissés) et ce malgré l’apport de Darrell Walker (12.2 pts) en provenance de New York. La poisse s’en même aussi : la saison de Calvin Natt se résume à 20 minutes. Blessé, il ne reviendra jamais à son niveau. Wayne Cooper (8.0 pts) décline et voit Blair Rasmussen (9.5 pts) et Danny Schayes (8.5 pts) lui prendre peu à peu son temps de jeu. D’autres joueurs se mettent en valeur : Bill Hanzlik (13 pts), Mike Evans (12.2 pts) et surtout Fat Lever. Le meneur des Nuggets (1.90 m) impressionne : 18.9 pts, 8.0 assists et… 8.9 rbds ! English finit lui sur le podium des scoreurs (3ème) avec 28.6 pts (50.3 %, 4.2 rbds et 5.1 assists). Bien au dessus de son apport en playoffs : 18.7 pts (51 %), 4.7 rbds et 3.3 ass. Sweep (3-0) des Lakers sur leur route vers le titre.
 

Après une seule saison dans le Colorado, Darrell Walker fait ses valises pour Washington accompagné de Mark Alarie. En échange, Denver accueille Jay Vincent et Michael Adams qui apporteront respectivement 15.4 pts et 13.9 pts en 87/88. Cette saison voit également Rasmussen (12.7 pts) et Schayes (13.9) confirmer ce qu’ils ont laissé entrevoir la saison précèdent. Lever réédite ses performances (18.9 pts, 8.1 rbds et 7.8 assists) ; accède au statut de All Star et permet aux Nuggets de progresser (un peu) en défense comme en témoigne sa sélection dans la All Defensive 2d Team. English apporte lui toujours son lot de points (25.0 pts à 49.5% avec 4.7 rbds et 4.7 passes). Avec 54 victoires pour 28 défaites, les Nuggets remportent la Midwest Division et terminent 2ds de la conférence Ouest. En playoffs, les Nuggets affrontent Seattle et son trio… Supersonic : Dale Ellis (25.8 pts), Tom Chambers (21.4 pts) et Xavier McDaniel  (20.4 pts). Denver l’emporte finalement en 5 manches. Au 2d tour, c’est une ambitieuse équipe des Mavericks qui se présente. Avec un roster composé de Mark Aguirre, Rolando Blackman, Derek Harper, Sam Perkins, Roy Tarpley, Detlef Schrempf et Brad Davis, Dallas remporte la série 4-2 et poussera les Lakers (qui remportent leur 2d titre d’affilée en 1988) à un 7ème match. Lors de ces playoffs, English est à 24.3 pts (45.5 %), 5.4 rbds et 4.4 ass.
Alex se voit également récompensé par la NBA pour son implication dans la communauté en se voyant attribuer le J.Walter Kennedy Citizenship Award.
 

En 1988/89, Alex English inscrit 2175 points et devient le premier joueur de l’histoire à inscrire au moins 2000 points huit saisons de suite. Il est également à ce moment là, le 7ème scoreur de tous les temps. De quoi en faire un joueur respecté, mais pas une super-star. Alex joue comme il vit, tout en douceur. « Jordan et Magic sont des stars » dit il alors. « Le système qui les a pris, surtout dans de grandes villes comme Los Angeles ou Chicago, donne une énorme importance à la presse. Donc ils ont énormément de palce dans la presse. Et puis, leur style de jeu est plus flashy. Le miens est moins… enfin, on ne me verra jamais partir pour un dunk de folie, ou faire des passes dans le dos ou des trucs dans le genre... C’est sûrement aussi pour ça que la presse ne m’a jamais accordé la même considération. Mais c’est très bien comme ça. Je pense avoir eu une certaine considération, à ma façon… »
En moyenne, lors de cette saison 88/89, English est à 26.5 pts  (49.1%), 4 rbds et 4.7 passes. Autour, Lever (19.8 pts), Adams (18.5 pts) et Schayes (12.8 pts) sont toujours présents et Denver voit arriver le vétéran (34 ans) Walter Davis de Phoenix (15.6 pts). Avec cette équipe, Les Nuggets gagnent 44 matchs pour 38 défaites et subissent un sweep de la part de… Phoenix au premier tour des playoffs, malgré 26 pts (51.6%), 4.3 rbds et 3.7 assists d’English.
 

Les résultats sont presque identiques en 1989/90 : 43-39 et les Nuggets sont à nouveau balayés au premier tout des playoffs, cette fois par les Spurs. Le casting demeure presque inchangé entre Lever (18.3 pts), Davis (17.5 pts), Adams (15.5 pts), Rasmussen (12.4 pts),  Schayes (10 pts) et le problématique Joe Barry Carroll (11.9 pts) venant renforcer le roster en cours de saison. English voit son rôle diminuer (de 37 à 27 minutes) et ses stats s’en ressentent : 17,9 pts (49.1%), 3.6 rbds et 2.8 assists. Stats qu’il reproduira plus ou moins au cours des 3 manches perdues face à San Antonio : 19.7 pts (56.8%), 3 rbds et 3 passes.
A la fin de cette saison, Alex est free agent mais souhaite demeurer dans le Colorado. A 36 ans, English est clairement en fin de carrière mais toujours capable d’apporter son écho. Les Nuggets décident cependant de ne pas le re-signer. Amertume pour le joueur qui s’imaginait terminer sa carrière sous le maillot qu’il affectionne tant : « Je m’étais imaginé partir comme Dan Issel et Julius Erving, faire ma tournée d’adieux dans toutes les villes. Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de joueurs qui peuvent décider de la manière de terminer leur carrière » dira-t-il en 1992 lors de la cérémonie qui verra les Nuggets hisser son Jersey n° 2 aux côtés de ceux de Byron Beck, Dan Issel et David Thompson.
Alex English quitte donc les Nuggets en tant que leader de la franchise pour le total de points (21654), la moyenne de points (25.9 pts). Il est également le joueur qui a joué les plus de matchs, le plus de minutes, inscrit le plus de paniers, tenté le plus de tirs et distribué le plus d’assists. Ses 54 pts inscrits lors d’un match de la saison 85/86 est le second total pour un joueur des Nuggets derrière les 73 de David Thompson.
 

Denver ne veut plus de lui, mais Alex English ne compte pas encore raccrocher. Il est donc sur le marché des free agents en cet été 1990.
Après avoir connu une ascension relativement rapide et approché les Finals en 1988 (défaite 4-3 face aux Lakers), la « jeune » franchise de Dallas est sweepée par Portland lors des playoffs 1990. La déception est de mise car il y a du talent dans cette équipe entre Rolando Blackman, Derek Harper, Sam Perkins, Roy Tarpley, James Donaldson, Herb Williams et les vétérans Adrian Dantley et Brad Davis.
Tout n’est pas rose à Dallas : Adrian Dantley n’a jamais accepté d’être transféré par Isiah Thomas et les Pistons pour Mark Aguirre en 1988/89 alors que Detroit était en route vers le titre. De plus, à 33 ans et minés par les blessures, il est loin du joueur qu’il fut autrefois. Dallas ne le retient pas et le laissera rejoindre l’infirmerie de Milwaukee (10 matchs joués pour sa dernière saison). Plus problématique est le cas de Sam Perkins. Dallas souhaite le conserver, mais les négociations tardent. Perkins n’apprécie pas et rejoint les Lakers pour moins d’argent que ce que les Mavericks lui proposeront finalement.
Dallas arrive en fin de cycle mais veut tout de même se donner une dernière chance de remporter le titre autour du noyau Blackman, Harper et du tourmenté mais talentueux Roy Tarpley. En ce sens, les texans hypothèquent sérieusement leur futur en lachant 2 premiers tours de draft à Sacramento pour obtenir Rodney McCray. 2 premiers tours de draft, c’est également le prix à payer pour obtenir Lafayette Lever, All Star les 2 dernières saisons. A ces arrivées, et suite au départ de Perkins,  s’ajoute donc ce qui fut alors considéré comme la meilleure signature d’un free agent de la courte histoire de la franchise : la signature d’Alex English, le 15 Août 1990.
 

C’est donc pleins d’ambitions que les Mavericks abordent cette campagne 1990/91. Dallas entame la saison avec 4 succès en 5 matchs et… tout s’effondre. Après 4 matchs, le genou de Fat Lever lache et le match suivant, c’est celui de Roy Tapley (20.4 pts et 11 rbds). Saison terminée pour les 2 et Dallas ne s’en remettra pas. Blackman (19.9 pts) et Harper (19.7 pts) forment un bon duo d’arrières, Herb Williams (12.5)  et James Donaldson (10 pts) se débrouillent à l’intérieur, mais c’est insuffisant pour qualifier les Mavericks en playoffs : 28 victoires pour 54 défaites au final.
A 37 ans, English marque le coup. Il perd sa place dans le 5 de départ au profit de McCray (11.4 pts) et au final se contentera de 9.7 pts (43.9%), 3.2 rbds et 1.3 assists en 22 minutes. Ses plus faibles statistiques depuis ses 2 premières saisons à Milwaukee. Petite lueur au milieu de la grisaille, il de vient le 7ème joueur à passer le cap des 25000 points.
 

Après cette saison galère au niveau collectif et individuel, Alex se laisse attirer par les lires de Depi Napoli en Lega italienne. Là encore, il ne brillera pas : 13.9 pts en 18 matchs. Il est temps pour English de passer à autre chose et il met donc un terme à sa carrière. Une carrière qui l’aura vu passer 15 saisons en NBA en accumulant 25613 pts, 6538 rbds et 4351 assists en 1193 matchs et 38063 minutes. Il aura aussi joué 68 matchs de playoffs (24.4 pts, 5.5 rbs, 4.4 ass.).
Les playoffs, c’est là que se construisent les légendes… et Alex n’y sera jamais allé bien loin, n’atteignant au mieux que le stade des finales de conférence en 1985. C’est sans doute l’une des raisons, avec son jeu peu flashy, qui font que ce joueur n’a peut être pas eu toute la reconnaissance à laquelle il aurait pu prétendre. English a cottoyé de bons joueurs lors de sa carrière aux Nuggets, mais leur style de jeu n’était probablement pas le plus propice à voyager loin en playoffs. Petit paradoxe : le jeu des Nuggets à permis à Alex de briller mais l’a aussi déservi dans la quête d’un titre.
En ce sens, la carrière d’English est très liée au coach emblématique des Nuggets, Doug Moe qui a instauré cette « motion offense » qui repose sur un mouvement perpétuel des joueurs et un bon « passing game ». Un système qui laisse une grande part d’improvisation, de liberté. Explication d’Allan Bristow, alors assistant de Doug Moe : « On s’adapte à ce que la défense adverse propose. Mais tu ne peux pas dessiner ça, le mettre noir sur blanc. Dès que tu le fais, tu portes atteinte au système. Et si tu essayes de dicter aux joueurs où ils sont supposés se placer sur le terrain, tu détruis complètement le but du système. C’est pour ça que beaucoup pensent que tout ça n’est qu’une vaste plaisanterie. Parce que ça paraît impensable. »
Doug Moe, c’est un coach à part en NBA. Il ne prépare pas ses matchs en fonction de l’adversaire et « se contente de jouer ». Moe, c’est le genre à avouer ne pas avoir plus de 10 systèmes et qu’il laisse ses joueurs s’organiser librement : « Le passing game, fondamentalement… c’est faire ce que tu veux. Mais quel coach osera dire à son équipe «Nous sommes une équipe librement organisée » ? On lui dira que ce n’est pas du coaching ».
English apprécie lui ce style de jeu : « Cette organisation permet de donner à chacun une chance de marquer. Ca fonctionne sur la créativité et la fluidité. Et j’aime ça. Si j’avais été coincé dans des systèmes plus rigides, ma carrière aurait sans doute été différente… » Probablement… Alex était le joueur parfait pour le système de Moe. L’orgie de points à chaque rencontre des Nuggets a contribué à faire de lui le top scoreur des années 1980 et de remporter un scoring title. S’il avait joué ailleurs, English n’aurait probablement pas eu le même rendement individuel, mais il aurait peut être connu plus de succès collectifs. Il faut toutefois relativiser : English aurait été un bon joueur dans un autre environnement. « J’ai été associé à 18 joueurs qui sont entrés au Hall Of Fame, et je pense qu’Alex fait partie des Grands » dit Marty Blake, alors directeur du scouting NBA.
Le Hall Of Fame, English y fera son entrée en 1997, soit 5 ans après son retrait des parquets et donc lors de sa première année d’éligibilité.
 

Aujourd’hui, Alex English se dirige vers le coaching. Il est assistant coach des Toronto Raptors après avoir coaché en NBDL (2001-02) et  avoir été assistant à Atlanta (2002-03) puis dans le staff de Philadephia en tant que « director of player development » (2003-04).

mugen
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Localisation: 53

PostPosted: Thu 24 Jul - 10:50 Reply with quoteBack to top

Excellent travail chris Okay  je pensais bien connaitre ce joueur, mais il y a certaines anectodes que je ne connaissais pas, merci Wink

PS : "Sous le plus beau jersey de l’histoire...." ça doit être de l'humour, enfin je l'espère Laughing
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WSTEVE33
Prospect
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Joined: 17 Jul 2008
Posts: 12

PostPosted: Thu 24 Jul - 20:56 Reply with quoteBack to top

mugen wrote:
Excellent travail chris Okay  je pensais bien connaitre ce joueur, mais il y a certaines anectodes que je ne connaissais pas, merci Wink
PS : "Sous le plus beau jersey de l’histoire...." ça doit être de l'humour, enfin je l'espère Laughing


+1 sur la qualité du post et de son intérêt...
Iron
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Joined: 11 Jul 2008
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PostPosted: Thu 24 Jul - 21:49 Reply with quoteBack to top

Toujours aussi agréable à lire  Exclamation

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chrisb11
Administrateur
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PostPosted: Fri 25 Jul - 02:54 Reply with quoteBack to top

Merci Embarassed

Je pensais pas que ce portrait rencontrerait un tel "succès". A l'origine, ça devait être plutôt bref... Confused
On m'a parfois parlé de l'envoyer à un mag pour voir... avec quelques retouches...
chrisb11
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Joined: 11 Jul 2008
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PostPosted: Sat 6 Jun - 22:04 Reply with quoteBack to top

Englis a été prolongé en tant qu'assistant coach des Raptors.
007
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Posts: 43
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PostPosted: Mon 8 Jun - 08:03 Reply with quoteBack to top

Magnifique cet article Chris, je savais que t'aimais bien ce joueur mais là c'est excellent Okay
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